Encore une fois si le titre en français Conversation secrète reste trop vague sur la teneur du film, la traduction littérale LA conversation augure de son importance, celle-ci et pas une autre, qui va faire basculer l'histoire et le personnage principal.
Harry Caul (Gene Hackman), quadragénaire, spécialiste en filatures et systèmes de surveillance est engagé par un puissant homme d'affaires, par l'intermédiaire de son bras droit (Harrison Ford), pour suivre et enregistrer les conversations entre sa jeune femme (Cindy Williams) et l'un de ses employés.
Caul, spécialiste reconnu dans son métier est un homme discret et solitaire. Super technicien, il travaille en secret à l'aide de son assistant (John Cazale) pour perfectionner sa technique dont il est passionné et être toujours au top.
Paranoïaque et poursuivi par un sentiment de culpabilité (une surveillance précédente avait causé la mort de trois personnes innocentes), Caul va commettre l'erreur d'écouter une conversation "il nous tuerait s'il le pouvait" et d'intervenir afin d'éviter un meurtre.
En plein Watergate, ce film ambigu et sobre, à l'image du personnage principal, nous plonge dès le début dans un univers de tromperie, d'angoisse permanente (Qui surveille qui? ou le surveilleur surveillé) jusqu'à l'implacable dénouement final.
Mais ce film n'est seulement un thriller super bien ficelé, il pose la question de la responsabilité individuelle, de la violation de la vie privée et du danger des techniques aussi anodines soient-elles (un plombier peut faire basculer un pays) et de la perception erronée (l'oeil est faux, l'oreille aussi).